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J’accuse

[France]



écrit par Annick Lefebvre

Je voudrais que J’accuse (version française) ait la force d’un manifeste politique et l’humanité d’une confession intime.


(Sébastien Bournac)



Elles sont cinq. Elles ragent. Il y a la Fille qui encaisse ; la Fille qui agresse ; la Fille qui intègre ; la Fille qui adule ; la Fille qui aime…

Ces femmes prennent dangereusement la parole comme d’autres prennent les armes. Elles exposent leur vie banale, déterminées par instinct de survie à s’élever contre ce qui les étouffe, pollue leur quotidien et entrave leur avenir : préjugés, racisme, injustices sociales, inertie des dirigeants, oppression d’un système…

J’accuse dresse un état de la société française à travers le regard incisif et l’humour cinglant d’une autrice québécoise.

Une partition verbale et visuelle en prise directe avec notre réalité, qui hurle à l’amour et punche en pleine face.



Pourquoi adapter mon J’accuse (qui n’est pas celui de Zola) dans le contexte socio-politique français de 2021?

Ce qui a motivé l’écriture de la version originale de J’accuse, dans les années qui ont précédé sa création, à Montréal, au Québec, en avril 2015, c’est la sensation – voire la conviction, que les femmes (mais aussi les hommes) de ma génération (et aussi des autres générations), même si elles et ils évoluaient dans une société dite progressiste et égalitaire, une société qui se vantait et qui se vante encore d’être démocratiquement dirigée et de mettre de l’avant la liberté d’expression de tous.tes, ce qui a motivé l’écriture de ce texte qui cherche à exposer des zones de fragilités collectives, c’est la sensation – voire la conviction que les femmes (mais aussi les hommes) de ma génération (et aussi des autres générations) étaient coincé.es dans une spirale socio-politique qui les broyait. Presque littéralement. Spirale socio-politique qui les broie encore aujourd’hui. Et plus férocement, plus violemment, qu’il y a six ans. J’avais, en 2015, la volonté viscérale de leur offrir une tribune, à ces femmes d’apparence ordinaire, à ces femmes dont la voix, d’ordinaire, ne trouvait que peu d’écho sur la place publique. J’avais, (et j’ai encore) dangereusement envie de développer un « militantisme de l’intime », dangereusement envie que ces femmes témoignent de comment la simple exposition de leur vie banale peut devenir un formidable moyen de dénonciation et de résistance face à cette oppression – souvent sourde et incontestablement latente, qui leur coupe le souffle, en rendant, de surcroît, extrêmement pénible l’accomplissement de leur destinée d’apparence banale.

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Et si, depuis 2015, le Québec comme la France, à travers de multiples mouvements de soulèvements sociaux (luttes contre le racisme et le colonialisme, manifestations pour les droits LGBTQ2+, gilets jaunes, #moiaussi, #balancetonporc, etc.) tend à ce que certaines paroles, jusqu’ici bâillonnées, puissent, au minimum, être libérées, et au mieux, être entendues, cela demeure nettement insuffisant. Ces avancées ne sont que très minces et le contexte de l’actuelle pandémie de Covid-19 est venu exacerber, chez plusieurs, ce sentiment d’étouffement. Cette situation de crise, et la gestion (de merde !) qu’en a fait le gouvernement français au pouvoir n’a pu que raviver ce sentiment « d’être abandonné.e par l’État » au près d’un très grand nombre de ses citoyennes et de ses citoyens. Et c’est ici que J’accuse [France] devient pertinent. Parce que cette pièce ne prétend pas pouvoir rivaliser avec celles et ceux qui détiennent le pouvoir, cette pièce n’est pas naïve, elle sait qu’elle ne pourra pas changer le monde, mais elle sait qu’elle peut servir à enflammer les citoyennes et les citoyens, elle sait qu’elle peut les encourager à lever bien haut leurs poings dans les airs. J’accuse sait qu’elle est un bon vecteur à ras-le-bol et un formidable porte-voix. Je sais, pour en avoir écrit deux moutures, que ces cinq protagonistes nous donnent envie d’avoir le courage de nos convictions, et de prendre les armes qui sont à notre disposition pour mener un combat magnifique et grandiose, parce que ce combat (de fortune) est alimenté par le cœur. Par notre cœur.
C’est pour cette raison que je me suis donné pour mission de donner vie à J’accuse [France]. Parce que c’est, comme autrice, ma manière de militer politiquement, mais surtout poétiquement. Ma façon de persister à me tenir debout et à croire, coûte que coûte, en des lendemains (jamais complètement heureux) mais, à tout le moins, moins fatalement irrévocablement obscurs.

Annick Lefebvre, autrice

création 2022


Un projet de la compagnie Tabula Rasa

Texte : Annick Lefebvre
Mise en scène : Sébastien Bournac

Avec : Astrid Bayiha, Agathe Molière, Julie Moulier, Marie-Ève Perron, Clémentine Verdier.

Conseil dramaturgique : Marie Reverdy
Assistant à la mise en scène : Jean Massé 
Scénographie : Sébastien Bournac et Pascale Bongiovanni
Régie générale : Loïc Célestin
Création lumière : Pascale Bongiovanni
Création et régie son : Loïc Célestin
Régie plateau et construction : Gilles Montaudié
Régie lumière : Jean-François Desboeufs / Manuella Mangalo (en alternance)
Production / Administration : Oriane Ungerer, Julien Guiard

Production : Compagnie Tabula Rasa
Coproduction : Théâtre de la Cité – Centre Dramatique National Toulouse / Occitanie, Théâtre Sorano, Le Parvis – Scène nationale de Tarbes, L’Archipel – Scène nationale de Perpignan (en cours)

La compagnie Tabula Rasa est conventionnée par la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie, la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et la Ville de Toulouse.
Avec l’aide du Conseil Départemental de la Haute-Garonne.
Avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS et du Théâtre 13 (accueils en résidence).
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national.

La compagnie Tabula Rasa est en partenariat artistique avec le Théâtre Sorano [2019/22].

Crédit photo couverture : Alice Lévêque


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Prochaines dates


15 Mar 2022
  • ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie
    du 15 Mar 2022 au 19 Mar 2022

    Tous les jours à 20h, excepté le samedi 19 mars à 18h.
    Réservations 

22 Mar 2022
  • ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie
    du 22 Mar 2022 au 24 Mar 2022

    Tous les jours à 20h
    Réservations

29 Mar 2022
  • Le Parvis, Scène Nationale Tarbes Pyrénées
    du 29 Mar 2022 au 30 Mar 2022

    Mardi à 19h, mercredi à 20h30
    Réservations

06 Avr 2022
  • Théâtre de l'Archipel, Scène Nationale de Perpignan
    du 06 Avr 2022 au 08 Avr 2022

13 Avr 2022
  • Théâtre Jean Vilar, Montpellier
    du 13 Avr 2022 au 14 Avr 2022

    Tous les jours à 20h
    Réservations