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Un Ennemi du Peuple

Comédie



de Henrik Ibsen, adaptation Jean-Marie Piemme

Vivre, c’est... guerre aux trolls sous la voûte du cœur et du cerveau


Henrik Ibsen



Nous sommes à la veille de l’inauguration du nouvel établissement thermal qui doit assurer la prospérité économique et l’avenir d’une petite ville d’eau de province. Chacun se réjouit pour lui-même et pour tous.
Or le Docteur Stockmann découvre que les eaux qui alimentent la station thermale sont sérieusement polluées et contaminées par les rejets d’une industrie locale. Fort dans un premier temps du soutien des notables de la ville et de la presse locale, il entend publier les faits pour prévenir la population.
Pour remédier au mal, des travaux très importants et coûteux s’avèrent nécessaires auxquels s’ajoutent une publicité désastreuse pour la ville, une longue période de fermeture et donc un fort préjudice commercial pour les bains… Aussi la municipalité, dont le maire n’est autre que le propre frère du docteur, tente de faire taire Stockmann et d’étouffer l’affaire.
Se dessine à partir de ce moment-là une comédie féroce des opinions et des intérêts (économiques, financiers, éthiques, de réputation sociale et de vanité). Peu à peu tous se liguent contre le docteur dont l’éloquence enflammée, au nom de la vérité, déborde les faits et en vient vite à faire le procès de la société moderne livrée toute entière au mensonge généralisé.
Le docteur est alors stigmatisé comme « ennemi du peuple ».



Alors qu’il est en train d’écrire Un ennemi du peuple, Ibsen évoque dans sa correspondance son intention d’écrire une comédie. Pourtant la gravité et le sérieux du sujet semblent être venus brouiller la réception de la pièce. Une sombre histoire d’eaux polluées, d’intérêts politiques et financiers, les rouages d’une affaire où règnent en maîtres trafics d’influences, manipulations diverses, égoïsme, lâcheté et vanités…
De ce point de vue, la pièce d’Ibsen n’a pas perdu grand chose de son actualité ni de sa pertinence. Elle s’applique parfaitement au monde contemporain autant dans les processus qu’elle exhibe, que dans les thématiques socio-politiques qu’elle développe ou même dans son évidente caractéristique « écologiste » aujourd’hui. Inutile d’insister.
Sans doute y a t-il là pour Ibsen l’idée que tout va mal, que l’humanité est fourvoyée, que le mal social est fondé sur un mensonge collectif et que la « machine » sociale, dans son ensemble et presque par essence, est vouée à sécréter du grégarisme et du conformisme. « La vérité est que nous sommes engagés dans une fausse voie. Pensez-vous qu’on puisse fonder quelque espérance sur la situation actuelle ? sur l’inaccessible idéal et autres balivernes ? », écrit-il dans une lettre de février 1871.

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Oui, et après ?
Ce qui m’importe avant tout en préparant la mise en scène d’Un ennemi du peuple, c’est de retrouver ici l’esprit d’une comédie féroce.
On en retrouve aisément beaucoup d’aspects.
Avec un humour énergique et grinçant, la satire y pointe les magouilles, mensonges et autres intimidations, le rôle des médias, les pièges de la démocratie…
Dans son mouvement toujours vif et gai, et à travers des situations qui relèvent souvent de la farce, la pièce, apparemment plus simple, plus linéaire et moins profonde que d’autres drames d’Ibsen, met en scène puissamment l’archétype du conflit politique au sein d’une petite communauté renfermée sur elle-même.
Et le jeu des oppositions de caractères entre modérés, progressistes, réactionnaires ou même révolutionnaires, devient la toile de fond vivante, contradictoire, sur laquelle s’écrit la trajectoire inconséquente du bouillonnant et arrogant docteur Stockmann.
Ridicule et émouvant, comme Alceste, poussant son individualisme forcené jusqu’à lui donner des allures de nihilisme, il fustige la majorité compacte et énonce avec rage une vérité que personne ne veut entendre.
J’aime ainsi à penser que le sentiment qui anime l’écriture d’Un ennemi du peuple n’est pas le pessimisme, mais bien plutôt l’indignation salutaire contre tout ce qui empêche que tout aille bien…
Et qu’Ibsen dans ce projet-là n’épargne personne, à commencer par le docteur Stockmann.
Quelle place alors pour la vérité dans un monde pris entre les dangers de l’utopie et les brutalités du réel ?
Il s’agira de creuser au plateau les lignes de force vive de l’oeuvre et de redécouvrir, par là, avec jubilation, une pensée rendue à sa vérité subversive, intempestive.

création 2018


Avec
Elodie Buisson
Alexandra Castellon
Anne Duverneuil
Régis Goudot
Jean-François Lapalus
Régis Lux
Ismaël Ruggiero
Création Lumière, régie générale : Philippe Ferreira
Décor, régie plateau : Gilles Montaudié
Création sonore : Sébastien Gisbert
Mise en espace sonore : Loïc Célestin
Costumes : Brigitte Tribouilloy assistée de Sabine Taran
Regard dramaturgique : Marie Reverdy
Régie Lumière : Jean-François Desboeufs
Production : Compagnie Tabula Rasa
Coproduction : Théâtre Sorano (Toulouse)
avec le soutien du Théâtre Scènes des 3 Ponts (Castelnaudary)

La compagnie Tabula Rasa est conventionnée par la DRAC Occitanie, par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et par la Ville de Toulouse.
Avec la participation du Conseil départemental de la Haute-Garonne.
Le Groupe Cahors – Fondation MAEC participe depuis 2005 au développement des projets de la compagnie Tabula Rasa.
Avec le soutien de l’ADAMI. L’Adami gère et fait progresser les droits des artistes-interprètes en France et dans le monde. Elle les soutient également
financièrement pour leurs projets de création et de diffusion.
La compagnie Tabula Rasa est en partenariat artistique avec le Théâtre Sorano [2016/2019].

Visuel : Sébastien Erôme


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Prochaines dates


06 Juin 18
  • NEST - CDN de Thionville-Lorraine
    du 06 Juin 18 au 08 Juin 18