logo Compagnie Tabula Rasa

Hamlet Safari

Performance



Étienne Blanc / compagnie 408

Compagnonnage avec la compagnie TABULA RASA dans le cadre du dispositif « compagnonnage plateau » coordonné par la DGCA.




HAMLET SAFARI est un spectacle fantôme. Une performance impossible. Une plongée dans un théâtre apparemment vide, dans l’attente d’une pièce-mythe irreprésentable.
C’est là que le spectacle apparaît, dans sa propre disparition, dans cette faille qui s’ouvre entre l’attente et le spectacle.
HAMLET SAFARI est une performance qui a pour but de faire apparaître quelque chose là où il semblait n’y avoir rien.

«J’écoutais une émission sur Youtube qui parlait de Perec et de son roman La Disparition, écrit sans jamais utiliser la lettre E. Ils disaient que sans cette lettre, le langage était comme à ré-inventer. Que cette lettre était, d’une certaine manière, l’ouvrier invisible, l’outil invisible qui travaillait dans l’ombre. Cette opération de soustraction, permet une ré-invention, une création alors. Disparaître pour mieux faire apparaître. Finalement, en disparaissant, mon père me disait quelque chose et me permettait d’inventer ma vie. Et son absence aujourd’hui, travaille, peut-être plus que moi d’ailleurs. Il est comme la lettre E. En n’étant pas là, il est omniprésent.»
Étienne Blanc

The science of Ghosts – Jacques Derrida in « Ghost Dance »
Ah-a – Take on me

[Lire la suite...]

Monter Hamlet a toujours été un rêve, un rêve je crois partagé par un grand nombre de praticiens du théâtre. Hamlet a cette dimension de «mythe», d’oeuvre ultime, qui en fait une pièce particulière, peut-être l’oeuvre archétypale du théâtre occidental, qui dépasse largement le monde du spectacle. Et la densité de ces rêves de théâtre cumulés contribue peut-être à rendre l’oeuvre encore plus opaque, encore plus insaisissable. Cette aptitude à rêver un spectacle me passionne particulièrement, peut être même plus que sa concrétisation.
Dans ce spectacle je souhaite interroger ce fantasme, «monter Hamlet !», et par la réduction radicale des procédés spectaculaires, jusqu’à la disparition même de la représentation, je souhaite explorer l’expérience du processus intime de «rêver Hamlet», de le fantasmer, et évidemment, plus largement, de «fantasmer le théâtre».
L’espace vide, le plateau nu, est un formidable outil de projection. Le pari qui est fait dans ce spectacle, c’est que la projection subjective d’une oeuvre, ce qui émerge d’abord dans nos imaginaires, est aussi pertinent que sa représentation par l’intermédiaire d’acteurs, de décors, de costumes, bref, que le spectacle finalement réalisé. Ce postulat de départ suggère donc de partir à la recherche des moyens d’activation de l’imaginaire par d’autres procédés, par le biais de l’écriture, du son, de illusion, etc… Que l’absence crée un espace dans lequel le spectateur puisse s’engouffrer.
Ne pas «monter Hamlet», finalement. Je veux ainsi parier que ce spectacle qui n’a pas lieu peut d’autant plus se manifester. Le théâtre, ce spectacle, est un deuil : deuil du père, d’une époque, d’une croyance, d’une idée. J’opère moi-même le deuil d’un spectacle, d’un désir, «monter Hamlet !» et par ce geste, à la limite du cérémonial, je cherche à questionner la pratique théâtrale au moyen d’une expérience qui serait comme « hors d’attente ».

création 2020


Conception : Étienne Blanc, Flavien Bellec
Avec…
Création plastique : Anaïs Van Overbeck
Administration, producton : Agathe Perrault
Production : Compagnie 408 (Cugnaux / Occitanie)
Partenaires et soutiens : Cie Tabula Rasa, Théâtre Sorano, DRAC Occitanie, Espace Marguerite Charlie, La Curie
La compagnie 408 est en compagnonnage avec la compagnie TABULA RASA dans le cadre du dispositif « compagnonnage plateau » coordonné par la DGCA.